Sous l’effet de tendances et d’évènements tels que la transformation numérique, l’analyse des mégadonnées, le raccourcissement du cycle de vie des produits, la « déglobalisation » (p. ex. le Brexit) ou l’instauration du Code des douanes de l’union, le commerce international est actuellement en pleine évolution. Ces différents vecteurs de changement complexifient les données commerciales et accroissent leur volume et, au cours des procédures douanières, ces données sont requises plus rapidement et plus précocement. Les conséquences d’une éventuelle non-conformité sont, elles, plus lourdes. Le défaut de maîtrise de vos procédures douanières et de vos flux de données commerciales est plus que jamais susceptible d’affecter vos performances commerciales. Il est donc d’autant plus crucial d’avoir accès au savoir-faire de spécialistes douaniers et d’en faire un usage stratégique.

Les questions douanières constituent un aspect très spécialisé du commerce international et la capacité à tirer le meilleur parti des connaissances dans ce domaine est problématique pour de nombreuses entreprises. Vous trouverez ci-dessous quatre pistes pour commencer à exploiter le savoir-faire douanier et améliorer durablement les performances commerciales de votre organisation.

 

1. Adoptez une optique stratégique à long terme et à court terme dans votre démarche d’investissement dans le savoir-faire douanier

Que vous choisissiez de recruter en CDI un spécialiste, d’engager temporairement un consultant ou de former l’un de vos salariés, il est important de commencer par voir comment vous pouvez aligner cette démarche sur votre stratégie globale. Le domaine douanier est très spécialisé, mais également très complexe, c’est pourquoi il convient de définir un objectif global de long terme pour vous assurer d’obtenir le retour sur investissement escompté.

Il y a un intérêt considérable à s’appuyer sur des compétences solides en matière douanière et les objectifs à fixer sont nombreux. On citera par exemple l’amélioration des performances commerciales grâce à des procédures douanières prédéterminées, rapides et efficaces. Les objectifs peuvent également porter sur le renforcement de la maîtrise des activités douanières et des risques relatifs, l’optimisation des droits de douane engendrés par votre chaîne logistique ou l’amélioration de votre efficacité opérationnelle. Quel que soit votre objectif, il est important de déterminer en quoi le savoir-faire douanier doit enrichir votre organisation et ce que cela exige des personnes concernées.

Cela signifie que vous devez identifier les cibles et les résultats attendus à court terme et vous assurer que la contribution des intéressés reste conforme aux objectifs stratégiques de votre organisation. Il vous faut pour cela élaborer votre objectif de long terme et fixer avec votre expert en douanes des indicateurs mesurables et des ICP, voire même vous réunir pour des points d’avancement réguliers. L’idée clé à retenir est de faire en sorte que votre spécialiste vérifie régulièrement la conformité de ses objectifs de court terme avec les objectifs de long terme de l’organisation.

2. Encouragez la transparence, l’ouverture d’esprit & la curiosité

Une fois établis les objectifs et les résultats attendus de l’expert douanier, une approche ouverte et transparente par rapport aux informations constitue la meilleure base possible aux améliorations futures. Cela implique de partager avec votre spécialiste des informations sur les problèmes éventuels concernant les flux de transport, les documents et les données disponibles. Toutes ces informations sont autant de moyens pour votre expert d’adapter et de transférer son savoir-faire à votre entreprise dans son ensemble.

Une attitude ouverte et transparente face à l’avenir est également de mise. En exposant les défis qui se présentent à votre entreprise, en encourageant la curiosité et la discussion sans a priori de questions allant jusqu’à la structure même de la chaîne logistique, vous vous donnerez les moyens d’améliorer durablement votre gestion commerciale et douanière. En gardant l’esprit ouvert plutôt qu’en préjugeant des solutions, votre spécialiste douanier pourra non seulement fournir de nouvelles connaissances, mais aussi apporter un regard neuf et trouver des solutions innovantes. Pour défendre le « droit à la découverte » et encourager la curiosité, il faut également accepter l’inconfort inhérent au changement et à l’incertitude.

3. Maîtrisez les interactions entre votre chaîne de valeur et votre chaîne logistique

Dès lors que votre expert douanier dispose de l’accès aux informations nécessaires, il vous faut impérativement définir le cadre dans lequel exploiter ces données et développer votre activité commerciale. C’est là que se manifeste l’importance des interactions entre la chaîne de valeur de votre entreprise et votre chaîne logistique.
Bien que ces deux termes soient souvent utilisés indistinctement l’un de l’autre, ils recouvrent des notions bien différentes. Pour améliorer votre gestion commerciale et ajouter de la valeur à votre produit final, votre spécialiste douanier doit obligatoirement comprendre les interactions entre ces deux chaînes. La chaîne de valeur d’une entreprise se compose de toutes les activités qui augmentent la valeur du produit ou du service, du point de vue du client. À partir de la valeur délivrée au client, on peut suivre le parallélisme entre la chaîne de valeur et les différentes activités de l’entreprise, et identifier les étapes de création de valeur. La chaîne logistique (ou chaîne d’approvisionnement) est le réseau formé par une entreprise et ses fournisseurs pour coordonner leurs activités de production et de distribution d’un produit donné. Si les deux chaînes répondent à des besoins différents, la modification de l’une peut affecter l’autre et la compréhension de cette imbrication dépasse le cadre strict de la gestion commerciale et douanière.

Pour contribuer au développement de la chaîne de valeur et de la chaîne logistique, l’expert en douanes doit se représenter et bien comprendre la complexité de la chaîne logistique du point de vue douanier. Généralement, la complexité des contraintes douanières dépend de trois facteurs. Le premier est la nature des marchandises ou produits transportés. Sont-ils soumis à des restrictions, des droits de douanes ou des droits d’accise particuliers ?  Nécessitent-ils un passavant ? Le code des marchandises est-il facile à identifier ? Quelle est l’origine des marchandises ? Quelle est l’incidence des activités de la chaîne d’approvisionnement sur l’origine des marchandises et leur valeur en douane ? Ces marchandises font-elles l’objet d’un accord de libre-échange et, si oui, quelle est la durée de cet accord ? Le deuxième facteur concerne la nature de la transaction. S’agit-il d’une vente ordinaire, d’un perfectionnement actif ou passif ou d’une admission temporaire ? Le troisième facteur est le nombre de territoires douaniers couverts par la chaîne logistique, sachant que plus il est élevé, plus les deux premiers facteurs ont tendance à être amplifiés.

Lorsqu’une modification de la chaîne de valeur se répercute sur la chaîne d’approvisionnement, le travail du spécialiste douanier consiste à identifier rapidement les conséquences sur la gestion douanière et sur l’entreprise dans son ensemble. De la même manière, en cas d’intégration à la chaîne logistique de fournisseurs, de sites de fabrication ou de partenaires nouveaux, le spécialiste douanier doit identifier l’incidence sur la gestion douanière pour éviter toute conséquence néfaste sur la chaîne de valeur et sur le produit final.

Si dans votre entreprise les interactions entre la chaîne de valeur, la chaîne d’approvisionnement et les contraintes douanières n’ont pas été cartographiées, il peut être pertinent pour votre expert de faire de ce travail une priorité.

4. Intégrez votre chaîne logistique

Une fois établie une cartographie des interactions entre les chaînes logistique et de valeur qui intègre la complexité des contraintes douanières, le spécialiste doit partager ses connaissances et conclusions avec les acteurs de la chaîne logistique.

Dans la plupart des entreprises, la chaîne logistique est au centre des préoccupations et dépend pour fonctionner d’un vaste réseau d’organisations, de personnes, d’activités et de ressources. Pour conserver la maîtrise des opérations et tirer profit des avantages d’une gestion commerciale et douanière efficace, il est indispensable d’ancrer une compréhension globale des implications de la gestion douanière et du travail des parties prenantes. L’ancrage de cette vision d’ensemble permet aussi de poser les fondations d’une organisation flexible. Lorsque tous les intervenants comprennent le « pourquoi du comment » et s’accordent dessus, introduire des changements et assurer la flexibilité de la chaîne logistique demande moins de temps et de ressources, ce qui renforce la capacité de l’organisation à faire face de façon réaliste à la complexité de l’offre et de la demande.

Les compétences rares sont précieuses mais parfois difficiles à exploiter pleinement. Ces quatre étapes constituent néanmoins un axe de travail pour commencer à mettre le savoir-faire douanier au service de votre cœur de métier et de votre activité commerciale. Si cet article vous a aidé à identifier de nouveaux axes de développement au sein de votre organisation, ou si vous souhaitez simplement vous entretenir des répercussions possibles de ces développements, n’hésitez pas à contacter KGH. Nous vous présenterons la façon dont nous pouvons vous aider à améliorer votre gestion douanière et commerciale.

 

 

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